Diagnostic électricité : comprendre les anomalies et les corriger
Sur les installations électriques de plus de quinze ans, le diagnostic relève très souvent des anomalies. Un rapport défavorable n'a pourtant rien d'une condamnation : encore faut-il savoir ce qu'il contrôle, ce qu'il impose réellement — et ce qu'il n'impose pas.
Les six points contrôlés
Depuis l'arrêté du 28 septembre 2017, le diagnostiqueur vérifie, dans les parties privatives et en aval du disjoncteur de branchement :
- l'appareil général de commande et de protection, et son accessibilité ;
- la présence d'au moins un dispositif différentiel adapté aux conditions de mise à la terre ;
- des protections contre les surintensités (disjoncteurs, fusibles) adaptées à la section des conducteurs, sur chaque circuit ;
- une liaison équipotentielle et une installation adaptées dans les pièces d'eau ;
- l'absence de matériels vétustes, inadaptés ou exposant à des contacts directs ;
- l'absence de conducteurs non protégés mécaniquement.
Chaque anomalie du rapport se rattache à l'une de ces familles. Les plus lourdes de conséquences concernent la mise à la terre, le différentiel et la salle de bains — les défauts à l'origine des électrisations et de nombreux incendies.
À la vente : informer, pas réparer
Aucun texte n'oblige le vendeur à corriger les anomalies : le diagnostic, valable trois ans, informe l'acquéreur, qui achète en connaissance de cause et peut négocier le prix, comme pour les autres diagnostics de vente. Dissimuler un rapport défavorable, en revanche, expose aux recours de l'acquéreur.
À la location : la décence s'en mêle
Le diagnostic annexé au bail n'impose pas non plus de travaux en tant que tel. Mais le décret « logement décent » de 2002 exige des réseaux d'électricité conformes aux normes de sécurité et en bon état d'usage et de fonctionnement : une installation manifestement dangereuse peut fonder une demande de mise en conformité du locataire. Corriger les anomalies avant la signature évite le contentieux — le point est détaillé dans notre guide des diagnostics de location.
Mise en sécurité plutôt que mise aux normes
Traiter les anomalies ne signifie pas refaire toute l'installation selon la norme du neuf. L'objectif raisonnable est la mise en sécurité : créer ou compléter la mise à la terre, poser un dispositif différentiel, protéger chaque circuit, sécuriser la salle de bains. Un électricien chiffre ces reprises poste par poste, et les travaux se mènent souvent sans réfection complète. Commencez par les défauts qui protègent les personnes — la terre et le différentiel —, poursuivez par les circuits, et conservez les factures : elles documenteront la levée des anomalies lors d'une prochaine transaction.
L'attestation Consuel remplace le diagnostic
Après une rénovation complète de l'installation, l'attestation de conformité visée par le Consuel tient lieu d'état de l'installation intérieure d'électricité : moins de trois ans pour une vente, moins de six ans pour une location. Inutile, donc, de payer un diagnostic électricité juste après des travaux attestés.
Questions fréquentes
Le vendeur doit-il refaire l'électricité avant de vendre ?
Non. Aucune obligation de travaux ne découle du diagnostic à la vente : il informe l'acquéreur, qui peut négocier le prix en conséquence. Le vendeur qui dissimulerait un rapport défavorable s'exposerait en revanche aux recours de l'acheteur.
Mon locataire peut-il exiger des travaux après un diagnostic défavorable ?
Le diagnostic seul n'impose rien, mais le logement loué doit être décent, avec des réseaux électriques conformes aux normes de sécurité et en bon état d'usage. Une installation manifestement dangereuse peut donc fonder une demande de mise en conformité.
J'ai une attestation Consuel récente : faut-il quand même un diagnostic ?
Non. L'attestation de conformité visée par le Consuel tient lieu d'état de l'installation intérieure d'électricité si elle date de moins de trois ans pour une vente, de moins de six ans pour une location.
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Sources officielles
- Service-public.fr — Diagnostic immobilier : état de l'installation intérieure d'électricité
- Legifrance — Arrêté du 28 septembre 2017 (modèle et méthode de l'état de l'installation intérieure d'électricité)
- Legifrance — Décret n° 2016-1105 du 11 août 2016 (état de l'installation électrique des logements en location)
Guide mis à jour le 25/08/2026.
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